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 Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?

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MessageSujet: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Lun 9 Juin 2008 - 16:19

Réflexions sur le statut relatif des animaux domestiques
Jean-Pierre Digard

Résumé

La société occidentale n’utilise pas de la même manière et
n’accordent pas le même statut à tous les animaux
domestiques. Faits culturels parmi d’autres, les usages et la
position que nous réservons à nos animaux ne sont
intelligibles que si on les considère dans leur ensemble ; pris
séparément, ils sont vides de sens.

Des relations hiérarchisées

L’un des aspects les plus visibles de notre société est la
place qu’y occupent les animaux de compagnie, par leur
nombre (près de 50 millions, dont 8,4 millions de chats et 7,9
millions de chiens, répartis dans 52 % des foyers), et par
leur statut familial, proche de celui des enfants. Le caractère
commun à tous ces animaux est de ne servir à rien d’autre
qu’à la compagnie de leurs maîtres ; en retour, rien n’est de
trop pour eux (ils représentent dans le budget des familles
un poste équivalent à celui des transports en commun et
génèrent un chiffre d’affaires de plus de 3,5 milliards d’euros
par an).
A l’inverse, les animaux de rente (20 millions de bovins, 15
millions de porcs, 10 millions d’ovins et de caprins, 300
millions de volailles et de lapins) que nous élevons
principalement pour leur viande, sont de plus en plus
produits en batterie et abattus à la chaîne, découpés et
conditionnés de manière à aboutir dans nos assiettes sous
des formes (steaks, charcuterie...) et même sous des mots
qui éloignent le souvenir des animaux vivants (cf. le
vocabulaire français de la boucherie : aloyau pour le rein,
macreuse pour l’épaule, bavette pour le flanc, gigot, jambon
ou tranche pour la cuisse, etc.). Et comme si cette
hiérarchisation ne suffisait pas, manquait de visibilité, on n’a
eu de cesse, depuis le XIXe siècle, de mastodontiser les
plus gros (bovins dépassant la tonne) et de miniaturiser et
d’infantiliser les plus petits, les animaux familiers (chiens
nains, lapins nains, porcs nains, poneys nains), pour les
rendre plus émouvants, plus attachants.

Des animaux rédempteurs

Toutes les sociétés pratiquent, sous des formes et à des
degrés divers, ce traitement différencié des animaux.
L’exemple des sociétés de chasseurs-cueilleurs
(Amérindiens, Inuits, peuples sibériens, Pygmées, etc.) est
particulièrement éclairant. Ces sociétés vivent dans la
crainte que les gibiers se liguent contre les chasseurs pour
les attaquer ou leur échapper, les réduisant ainsi à la
famine. Pour conjurer ce danger, les humains s’appliquent à
ne pas froisser la susceptibilité des animaux, à s’excuser
quand ils les tue. En outre, ils rapportent chez eux les petits
d'animaux tués et les confient aux femmes ; celles-ci les
élèvent avec et comme leurs propres enfants, au sein ou
avec des aliments prémastiqués ; après quoi, ces animaux
sont assimilés à la société humaine et sont frappés d'un
interdit alimentaire : consommer leur chair serait assimilé à
un acte d’anthropophagie. Cet apprivoisement spécifique-
ment féminin représente une contrepartie, un rachat des
méfaits dont les hommes se rendent coupables envers les
animaux en les chassant.
L’espèce humaine étant une, on peut penser que le statut
privilégié que nous accordons, de façon tellement
ostentatoire, à nos animaux de compagnie est, elle aussi, un
antidote à la culpabilité que provoque en nous le traitement
que nous infligeons aux animaux de rente. Autrement dit :
que nous ne nous sentons autorisés à tuer et à manger des
boeufs ou des porcs que dans l’exacte mesure où nous nous
interdisons de manger du chien ou du chat et où nous
faisons un devoir de traiter ceux-ci presque aussi bien que
nos propres enfants.

Des évolutions dans le temps congruentes

L’actuelle hiérarchisation des animaux n’a fait que
reprendre, en l’accentuant, celle qui avait cours dans la
société rurale française avant le tournant des années 1950.
On y distinguait les animaux à identité individuelle, autorisés
à pénétrer dans la maison (chien, chat) ou logés près d’elle
(cheval, cochon), et les animaux à identité collective (bétail,
volaille), maintenus dans des bâtiments communs (étable,
bergerie, poulailler).
Après 1960, l’écart n’a cessé de se creuser. D’une part, la
pression du productivisme sur les animaux de rente
augmentait, dans une indifférence quasi générale. D’autre
part, le phénomène animal de compagnie s’amplifiait, le
nombre de ces animaux passant de 26 millions en 1988, à
45 millions en 1999.
A chaque dégradation visible du statut des animaux de
rente, on note une recrudescence des manifestations du
phénomène animal de compagnie : d’un côté, abattages
massifs de troupeaux suspects de contamination par l’ESB
ou la fièvre aphteuse, gigantesques bûchers de bovins et
d’ovins ; de l’autre, lancement à grand renfort de publicité du
parfum pour chiens Ô my dog!, colloque sur le « chien-
citoyen » au Sénat le 29 janvier 2001, défilé de mode canine
par la « styliste » Marie Poirier au Musée de la Chasse à
Paris le 7 février 2001, « recherches » sur les zoothérapies
tendant à démontrer que « l’animal peut se substituer aux
bienfaits des relations humaines », montée en puissance
des NAC (« nouveaux animaux de compagnie »), etc.
Loin d’être contradictoires, barbarie envers les animaux de
rente et sensiblerie à l’égard des animaux de compagnie
sont aussi inséparables que les deux faces d’une même
médaille.

Le cas exemplaire d’un « animal intermédiaire » : le cheval

Vers 1950, date de la motorisation définitive de l’agriculture
et des transports civils et militaires, le cheval a quitté la
sphère de l’utilitaire pour entrer dans celle des loisirs. La
popularisation et la féminisation des sports équestres ont
entraîné simultanément une élévation du statut culturel de
cheval, qui tend désormais vers celui de l’animal de
compagnie. Cette modification des sensibilités à l’égard du
cheval n’est pas sans incidences sur ses utilisations.
Née en France au milieu du XXe siècle, après une intense
campagne de promotion orchestrée par le naturaliste Isidore
Geoffroy-Saint-Hilaire (1805-1861), professeur au Muséum,
et par le vétérinaire militaire Emile Decroix (1821-1901), l’un
des fondateurs de la SPA, la consommation humaine de
viande de cheval ne réussit à s’imposer qu’après le siège de
Paris en 1970. Les raisons de ce succès étaient au nombre
de deux : l’amélioration de l’alimentation de la population
croissante des villes et la protection du cheval (il était en
effet fréquent à cette époque d’exploiter les chevaux jusqu’à
leur dernier souffle et de les voir mourir d’épuisement en
pleine rue sous les coups des charretiers). Aujourd’hui, ces
deux raisons jouent contre l’hippophagie : la crainte de la
trichinellose — crainte en réalité peu justifiée — et, surtout,
les nouvelles sensibilités « animalitaires » n’ont cessé de
faire reculer la consommation de viande de cheval, celle-ci
stagnant depuis 2000 à 2% de la consommation carnée des
Français.
L’exemple du cheval montre donc, bien sûr que l’on ne
mange pas indifféremment n’importe quels animaux, mais
surtout que le choix des animaux que l’on mange peut varier
dans le temps, en fonction de divers facteurs, le plus
souvent idéels.


----------------------------------------------------
Colloque Ocha « L’homme, le mangeur, l’animal. Qui nourrit l’autre ? », Paris, 12 et 13 mai 2006
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Lun 9 Juin 2008 - 17:47

Super intéressant ce colloque !

En réfléchissant, je cherchais depuis pas mal de temps pourquoi personne ne faisait la connexion entre les animaux de compagnie (qu'on refuse de manger) et les animaux de rente (comme dit l'auteur), c'est à dire pourquoi on accepte d'intégrer les animaux de compagnie dans la sphère de vie humaine et pourquoi on cantonne les animaux de rente dans la sphère d'activité économique. C'est chose faite ! Very Happy

ça mériterait d'être encore plus approfondi selon moi. est-ce que c'est uniquement l'introduction à quelque chose de plus gros ?
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Lun 9 Juin 2008 - 18:46

Bah oui moi c'est une discussion que je viens d'avoir ce week end qui parlait exactement de ça du coup j'ai envoyé à tout mon carnet d'adresses
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Lun 9 Juin 2008 - 18:51

Démosthène a écrit:
ça mériterait d'être encore plus approfondi selon moi. est-ce que c'est uniquement l'introduction à quelque chose de plus gros ?





Je sais pas si c'est l'intro d'un truc plus gros (je pense que oui perso) j'ai trouvé ça sur le net moi hein, c'est écrit en plus
Je pense qu'un colloque ça dure plus longtemps que ces quelques lignes...
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Lun 9 Juin 2008 - 23:19

Ben c'est à nous de faire un colloque et d'apronfondir....
Au boulot faites travailler vos méninges
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Mar 10 Juin 2008 - 18:23

Oh oui ! Oh oui ! Moi j'en veux d'un colloque !
Il y a tellement de questions auxquelles il faut trouver des réponses pertinentes et solides qu'on aura besoin de tous le monde !
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Mar 10 Juin 2008 - 18:27

N'hésitez pas à créer des topics sur les réflexions que vous voulez développer !
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Mer 11 Juin 2008 - 5:12

La culpabilisation de l'homme face à la consommation de viande

Une chose notamment ressort clairement du texte cité plus haut : la culpabilité de l'homme face aux animaux qu'il tue/ ou fait tuer.
Ainsi par exemple les indiens d'amérique, faisaient des prières pour l'âme des animaux qu'ils avaient tués.
On remarque cette culpabilisation dès que l'on aborde le sujet du végétarisme avec un omnivore.
Car justement on fait ressortir la culpabilité (que chaque humain porte déjà en lui) face à la consommation de viande, et même si la personne à qui on parle n'est pas un chasseur, l'agressivité qu'il dégage à notre contact, prouve justement qu'il n'y est pas indifférent.
Donc la plupart des êtres humains, seraient plus ou moins conscients (et ce même si ils prétendent le contraire) de contribuer par leur consommation, au massacre animal, qui, (encore une fois même si ils prétendent le contraire) est un acte qu'ils trouvent mal... et dont ils se sentent coupables...

Car il ne faut pas oublier que quelqu'un qui réagit avec une agressivité importante, se sent d'autant plus concerné par la chose dont on lui parle...

A la naissance, chaque être humain est par nature un végétarien, si on lui présente un animal, vivant ou mort, il ne le mangera pas... sauf bien sur si la chair à été transformée, et n'a plus grand chose à voir en ce qui est de l'aspect et même du goût, avec l'animal qui a vécu auparavant....
De même le bébé humain, tout comme le bébé singe, ou un autre bébé herbivore, réagiras de façon négative, et souvent avec de la peur, de l'anxiété, à la vue d'un animal (de son espèce ou non) se faisant tuer sous ses yeux.
Tandis que les animaux carnassiers, n'auront pas du tout cette réaction de recul....

C'est là qu'on se rend bien compte de toute la portée de l'éducation, de l'acquis, dans l'enfance de l'humain, envers la consommation de viande, et le statut accordé à l'animal...
Chez l'homme, cette consommation n'est pas innée, comme elle l'est pour d'autres espèces, elle est transmise par l'éducation, et cependant en même temps, chose curieuse, est transmise ce sentiment irrésistible de culpabilité... auquel chaque être humain fait face, enfouissant cette culpabilité, de crainte d'être rejeté par la société humaine à laquelle il appartient, et dont c'est une des règles implicite.

Trahir cette règle, c'est comme violer un "pacte" conclu par des hommes au moment où ils se sont mis à manger de la viande, à savoir se servir des autres espèces comme bon lui semble, sans se soucier du bien ou du mal...

Je pense que c'est la raison pour laquelle, quand un végétarien parle à un omnivore, celui ci à cette réaction de rejet, de négation de la souffrance animale, il tente de protéger ce "pacte" qui même s'il n'est pas conscient, est un héritage transgénérationnel.
Et c'est pourquoi, pour convaincre un omnivore, il faut déjà le forcer à franchir cette barrière de l'héritage, à le faire réfléchir par lui même.
Et ensuite faire sauter toutes les fausses excuses que les hommes se sont inventés pour justifier le massacre et l'exploitation animale.
C'est seulement alors, et après avoir mis son orgeuil de côté, à l'idée qu'un autre être humain lui "ouvre les yeux", qu'ils peuvent prendre conscience de l'évidence du véganisme, et de la cruauté de la consommation de viande.
L'orgeuil est important, car il leur faut admettre que pendant des années ils ont été dans le faux, dans le mal, et n'ont pas réfléchis par eux même, ainsi que leur parents ; et également le fait d'admettre qu'un autre être humain, qui n'a pas de haut statut particulier, ni une évidente intelligence supérieure, ai néanmoins, compris tout cela avant lui...

C'est intéressant de se poser ce genre de questions, pour améliorer encore et toujours nos argumentaires aux stands, et pour cela notre compréhension du coté psychologique de la consommation d'animaux par l'homme...

qu'en pensez vous ?
ce n'est qu'une ébauche vers quelque chose de plus abouti, j'attend vos critiques et commentaires
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Mer 11 Juin 2008 - 9:45

Très intéressant, clochette, tu as des références précises sur les bébés à qui on montre de la viande, herbivores et carnivores etc...? j'ai trouvé cette partie particulièrement intéressante, mais où as tu trouvé ça?

Je veux des sources
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Mer 11 Juin 2008 - 15:24

clochetteveg a écrit:
Chez l'homme, cette consommation n'est pas innée, comme elle l'est pour d'autres espèces, elle est transmise par l'éducation, et cependant en même temps, chose curieuse, est transmise ce sentiment irrésistible de culpabilité...

Oui je suis entièrement d'accord ! Cependant, pendant pas mal de temps, je pense que la consommation de viande faisait partie d'une logique de la survie. Heureusement, on n'est plus dans ce schéma-là. C'est un point sur lequel j'essaie de réfélchir depuis pas mal de temps parce que j'ai remarqué que la survie était l'argument fort des omnivores (qui réfléchissent quand même un peu). La raison biologique de la consommation de la viande est-elle toujours valable ? Je ne pense pas puisque les sociétés humaines se sont tellement complexifiées et développées et ont varié leur alimentation de telle manière que la survie ne constitue plus un mécanisme de nécessité d'alimentation. Pourtant, le paradoxe, c'est que c'est justement en s'affranchissant des contraintes de la chasse en créant des élevages (où la nourriture est disponible, abondante et protégée des autres prédateurs) que le mécanisme de la survie tend à disparaître. Pourtant, on continue à l'utiliser comme raison de la perpétuation d'un mode de production de la nourriture. Vouloir apporter autant de protéines comme si on était encore des tribus de chasseurs-cueilleurs alors que la diversité de notre alimentation a explosé est complètement anachronique !

clochetteveg a écrit:
C'est seulement alors, et après avoir mis son orgeuil de côté, à l'idée qu'un autre être humain lui "ouvre les yeux", qu'ils peuvent prendre conscience de l'évidence du véganisme, et de la cruauté de la consommation de viande.
L'orgeuil est important, car il leur faut admettre que pendant des années ils ont été dans le faux, dans le mal, et n'ont pas réfléchis par eux même, ainsi que leur parents(...)

Je crois que c'est à la fois vrai et faux. Vouloir convaincre les omnivores est une excellente chose mais je pense qu'il ne faut pas chercher à s'attaquer à la personne particulière mais à mettre en avant les erreurs, les impasses et les dysfonctionnements du bain culturel dans lequel il se trouve. Notre grand ennemi, c'est la Culture ! Et l'habitude, aussi. Au lieu d'essayer de convaincre un omnivore que son alimentation est mauvaise, il faut lui montrer que son alimentation résulte de pratiques culturelles qui ne sont pas pertinentes. Et qu'en continuant à manger selon son habitude, il obéit à des règles culturelles dont il n'a pas conscience. Il faut alors lui en faire prendre conscience. Ce qui est gênant, c'est qu'en attaquant quelqu'un sur son alimentation, on l'attaque sur son mode de vie, sur ses choix (ceux qu'il croit faire) et donc sur son identité. Soumis à la publicité, beaucoup d'hommes considèrent que manger de la viande leur donnera plus de force et de virilité. Leur dire qu'ils sont idiots de manger de la viande ne les attaque pas seulement sur ce qu'ils sont (des gens qui pensent faire des choix personnels) mais surtout sur ce qu'ils veulent être : des gens avec un physique viril, attirant, des gens qui affirment leur personnalité dans leur "choix" alimentaire en croyant que manger de la viande, c'est avoir une forte personnalité. C'est faux, et il faut le dénoncer !
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Mer 11 Juin 2008 - 19:01

C'est un peu pareil pour le sexisme en fait...

On naît égaux, la culture nous rend inégaux.

Là c'est pareil, on naît pleins de compassion et incapable de faire du mal à autrui, on comprend d'instinct que l'animal est un être vivant,conscient, sentient, que l'on veut ni manger ni exploiter, et la culture nous façonne à son image agressive, spéciste, qui a toujours besoin de créer des catégories, car classer, c'est déjà être dans la sécurité, c'est russrant, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre, et pareil pour les blancs et les noirs, les animaux et les humains. C'est encore une dérive sécuritaire et normative qui est là pour rassurer, pour nous montrer que nous sommes forts, dominants, que nous ne sommes pas en danger.

Chacun sa case, et quand il y a des cases, il y a des hiérarchies.
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Mer 11 Juin 2008 - 19:03

Tu parles bien Noann
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Mer 11 Juin 2008 - 19:08

Noann a écrit:
Chacun sa case, et quand il y a des cases, il y a des hiérarchies.

Entièrement d'accord !
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Jeu 12 Juin 2008 - 3:40

Et ben vous voyez qu'on peux faire nos propres colloques Wink

Très intéressant tout ça

Pour ce qui est de mes sources, en fait franchement Noann, je l'ai écris comme ça vite fait le soir, et j'avais la flemme de chercher
oui, vilaine admin que je suis, je ne donne pas le bon exemple
Non, mais je l'ai beaucoup lu (articles d'éthologie), et j'en ai entendu parler, je suppose qu'en cherchant je trouverais facilement des sources, faut que je cherche ça demain ou après demain, enfin quand je bosserais pas

Enfin j'aime bien les discussions comme ça, on s'enrichis mutuellement, c'est bon pour les stands tout ça
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Jeu 12 Juin 2008 - 9:03

OK si tu en trouves ça m'intéresse, et je vais aussi chercher de mon côté.
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Lun 16 Juin 2008 - 23:07

L'argument de la survie en ce qui concerne l'alimentation carnée ne vaut que pour des conditions climatiques extrêmes : ères glaciaires ou populations arctiques. Le contre-argument le plus évident est l'exemple de la Chine et de l'Inde, je ne dispose hélas que des chiffres concernant L'empire du Milieu : 7% des terres cultivées du globe pour 25% de la population mondiale avec ce rapport il serait difficile d'avoir une alimentation carnée. Il a fallu choisir entre nourrir du bétail pour la consommation humaine ou nourrir directement les humains avec les cultures, les deux pays les plus peuplés de la planète ont fait le choix il y a longtemps de nourrir les humains en se passant de viande dans la majeure partie des repas.

Pour ce qui est du rapport humain/animaux des sociétés premières encore existantes ou celles observées avant leur acculturation par le contact avec la société dominante il faut savoir que le "meutre" d'un animal est extrêmement ritualisé/ sacralisé. Lorsque les chasseurs de nos contrées ont la prétention de perpétuer l'acte de chasser des âges anciens ou des populations non encore assimilées à la société dominante ils sont comme des enfants qui jouent à faire semblant, sauf qu'ils tuent pour de vrai, c'est bien là le comble de leur manque de maturité en comparaison des chasseurs des sociétés traditionnelles.
Pour ceux-ci la vie est sacrée, elle a un coût, et il faut payer au moyens de rites propiatoires, de rites de préparation, de réparation pour la vie que l'on va prendre ou que l'on a prit. Il existe de nombreux interdits, beaucoup de sanction, nombre de "nos" chasseurs seraient mis au ban de la société (exclusion signifiant la mort sociale = le refus d'être considéré comme un être humain par ceux de son espèce) à cause de leur comportement. Ils ne sont pas plus chasseurs que le ***** qui a lancé la bombe sur Hiroshima n'était un guerrier.

La viande n'a jamais constitué l'aliment principal des populations occidentales il n'y a que peu de temps que "nous" consommons autant de chair animale, depuis la fin de la seconde guerre mondiale. La base de l'alimentation des Européens était le blé, sous forme de pain pour les Français sous l'Ancien Régime, agrémenté de beaucoup de cueuillette "sauvage". Paradoxalement en se faisant plus carné (ça fait plus riche de bouffer du cadavre) le régime alimentaire s'est appauvri.

La Légende de nos ancêtres vêtus de peaux de bêtes et se nourrissant quasi exclusivement de viande a la vie dure, bien que de nombreuses découvertes archéologiques nous montrent plutôt des populations se nourrissant de nombreuses céréales et autres légumes.

Les arguments pour l'alimentation carnée qui se réfèrent à ces périodes de la préhistoire et de l'Histoire humaine pour justifier leur consommation actuelle de cadavre sont en contradiction avec les événements réels. La légende, le mythe sert à crédibiliser le présent, justifiant sa barbarie en déniant sa cruauté insane par un refoulement de la "faute" sur les gènes, la nature humaine qui ferait que, etc...

WOOOPS ! je m'emballe!!
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MessageSujet: Re: Pourquoi mange-t-on certains animaux et pas d'autres ?   Mar 17 Juin 2008 - 17:06

C'est tellement ce que j'aurais voulu dire, et avec les mots qui faut !

Merci Arskeud !
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