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 Petite réflexion sur Nature et culture

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elsaf
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MessageSujet: Petite réflexion sur Nature et culture   Dim 9 Mar 2008 - 21:42

Ce texte à été publié à l'origine sur le site des furieuses carottes ( www.lesfurieusescarottes.com )



Au commencement, il y a l’Homme. Cet être que Vercors décrit si justement comme un "animal dénaturé". Car, en effet, on peut chercher de nombreuses différences entre les autres espèces et nous, l’art, la religion, le pouce préhenseur ou la politique, on en revient toujours à une différenciation de l’Homme en tant qu’opposé à la nature. Ce qui fait la spécificité de l’Homme, c’est justement d’en vouloir une, de se considérer comme "à part". Or quitter l’animalité pour l’Homme signifie généralement chercher à dominer la Nature en général et les autres espèces en particulier.

Or cette domination, nous en profitons tous actuellement : sans la charrue et les boeufs, sans le cheval domestiqué, l’agriculture n’aurait pas existé, les transports et les voyages n’eurent pas été les mêmes, pas de cavalerie meurtrière... La civilisation est née en partie de cette domination. Pour le meilleur et surtout pour le pire. Car de cet isolement par rapport à la Nature est née l’exploitation, humaine et animale. En effet, une domination s’effectue logiquement au détriment de quelqu’un. Il n’y a pas eu d’échange, de justice et d’équité. La loi du plus fort, sensée être une loi "de la Nature" s’est appliquée ici de manière "non naturelle", justement par l’éloignement de l’Homme vis-àvis de la Nature.

L’Homme en fait possède peu d’atouts par rapports aux autres espèces et chacun peu s’étonner qu’il ait été si loin dans l’exploitation avec un cortex dévellopé et une paire de main. C’est au contraire certainement de ce manque d’avantage qu’est née la peur. L’Homme a fait de ce réflexe primaire un prétexte pour isoler tout ce qui se différenciait de lui. Humain d’une autre famille ou d’un autre clan. Humain d’un autre sexe. Humain d’une autre couleur. Animal non humain. Il n’a pas fait que les isoler, il a chercher à les utiliser, sous le prétexte que cette différence devait forcément signifier infériorité. C’est d’ailleurs toujours sur cette idée que l’antispécisme est décrié. En effet, s’il est aujourd’hui plus facilement acceptable qu’un humain homme ou femme, blanc ou noir est égal, les autres animaux se doivent encore de ne pas se faire intégrer. A ce propos, on remarquera une oppposition plus forte de la mouvance qu’on pourrait qualifier "de gauche" au sens large, comme si réclamer des droits pour les animaux revenait à retourner en arrière et à comparer l’Autre à un non humain. Or c’est l’inverse ! Il ne s’agit ni de racisme ni d’anthropomorphisme. Simplement une reconnaissance de la souffrance animale et du droit à la non intervention humaine.

J’ai longtemps cru que l’Homme pouvait réparer ses erreurs en ne contrôlant la Nature que dans un sens "positif", c’est-à-dire en la régulant dans un souci d’équilibre. Aujourd’hui je comprend que l’Homme doit cesser, quelque soit ses intentions, de se vouloir interventionniste, si ce n’est pour réparer ses propres erreurs. Encore faut-il que,même en ce cas, il le fasse sans empirer les choses, ce qui me paraît impossible, la vision globale des conséquences à long terme étant inaccessible.

Mais définissons d’abord ce que nous entendons par Nature. Nous le prenons dans l’ensemble de ce qui existe et qui n’est pas issu d’une transformation de l’Homme. Donc il apparait qu’aujourd’hui il n’y a plus de Nature, bien qu’il soit encore possible de trouver des éléments naturels, c’est à dire issus de la Nature en tant qu’existence des choses. Mais ceux-là subissent en réalité l’influence de l’humanité. Qu’y a t-il de naturel dans une vache née par insémination artificielle et vivant par la seule volonté de l’Homme de la manger ? Car ce qu’il y a de plus paradoxal dans cette main-mise de l’Homme sur la Nature, c’est qu’il crée dans le but de détruire. Même lorsque l’espèce n’est pas "conservée" pour être mangé, elle l’est dans un but d’utilisation, donc elle perd son caractère naturel. Or il apparait que cela n’a commencé à préoccuper l’Homme qu’à partir du moment ou cela ne touchait pas seulement le règne animal proche de lui, mais tout un équilibre paysager.

En effet l’Homme a inventé l’esthétisme et la notion de paysage à travers l’art à partir du XVIème siècle dans notre culture, et bien avant pour certains (comme les Japonais). Mais cela ne concernait donc qu’un équilibre immobile, minéral et végétal. L’Animal n’intéressa qu’en tant que curiosité exotique ou animal de compagnie. Cela se retrouve encore dans le choix des espèces dont la souffrance infligée par l’Humain scandalise l’opinion. Il faut qu’elle est une valeur soit de rareté qui interpelle notre esprit de conservation, soit de beauté (pelage fourni, grands yeux ronds et noirs qui évoquent ceux d’un bébé...), soit un caractère amical qui met à mal notre peur de l’Autre vivant. D’ailleurs il est intéressant de constater que le paysage est lié à la notion de panoramique, qui est en réalité agréable à l’Homme car il peut voir arriver le danger de loin.

C’est donc la peur qui détermine les humains dans leurs choix sociétaux majoritaires, et celle ci motive aujourd’hui une certaine forme d’écologie lié à la fois à une notion paysagère, issue du mouvement romantique du XIXème siècle, et à la peur engendrée par la Nature, toujours, mais dans une vision climatique ; ainsi qu’une prise de conscience -tout de même !- de l’influence néfaste de l’Homme, lié à la chute du positivisme, et donc à la fin de la croyance en la science comme facteur de progrès. Au passage, nous pouvons remarquer que les antivivisections sont souvent accusé de primitivistes au sens où ils refuseraient l’expérimentation au détriment des progrès médicaux. Or c’est la vivisection qui est primitive. Si la recherche se dirigeait vers une utilisation systématiques des méthodes alternatives elle progresserait vers plus de fiabilité. Les principaux obstacles à cela étant que la publication de résultats est plus rapide avec un modèle animal, et également un refus moral.L’Animal non humain étant considéré comme inférieur, une erreur médicale ne pose aucune question éthique. Or c’est pourtant la base de la perpétuation des discriminations. On le constate aisément dans l’industrie pharmaceutique, qui s’emploie également à tester sur des populations faibles, par leur revenus ou leur santé, sans se préoccuper auparavent des techniques in vitro ou de modèles informatiques.

Pour revenir à ce concept éculé de Nature, on constate qu’il déssert encore l’Animal. Celui-ci n’est qu’un produit dans un monde régulé par la notion de marché, et la Nature intervient là comme une perturbation du système au même titre que la révolte humaine. L’écologie accepté par le système économique ne sert pas l’Animal, elle ne sert que certaines espèces, et celle qui sont considérées comme "trop nombreuses" ou "parasitaires" ou qui sont des produits réifiés non pas de place dans cette considération car inutile à l’Homme. Il ne s’agit donc pas d’une idée de "respect de la Nature" au sens d’une Nature globale mais bien d’une notion artificielle paysagère. De plus cette manière de faire est très hypocrite car bien entendu l’industrie agro-alimentaire est une des plus polluante, particulièrement en matière de réchauffement climatique, le méthane dégagé par les élevage étant la principale source de production de gaz à effet de serre.

La Libération Animale totale n’amènerait donc pas la fin de la civilisation, mais l’obligation pour l’Homme de se repenser au sein de la Nature comme un créateur non exploitant. Il faudrait pour cela qu’il cesse de réagir en fonction de ses peur et se serve de son gros cortex pour ne plus nier la souffrance de l’Autre, quel qu’il soit. Il devrait également ne plus être interventionniste, même si par ce fait des espèces n’existant actuellement que par la volonté de l’Homme tendraient à disparaître.
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MessageSujet: Re: Petite réflexion sur Nature et culture   Lun 10 Mar 2008 - 21:11

elsaf a écrit:
[...]

Mais définissons d’abord ce que nous entendons par Nature. Nous le prenons dans l’ensemble de ce qui existe et qui n’est pas issu d’une transformation de l’Homme. Donc il apparait qu’aujourd’hui il n’y a plus de Nature, bien qu’il soit encore possible de trouver des éléments naturels, c’est à dire issus de la Nature en tant qu’existence des choses. Mais ceux-là subissent en réalité l’influence de l’humanité. Qu’y a t-il de naturel dans une vache née par insémination artificielle et vivant par la seule volonté de l’Homme de la manger ? Car ce qu’il y a de plus paradoxal dans cette main-mise de l’Homme sur la Nature, c’est qu’il crée dans le but de détruire. Même lorsque l’espèce n’est pas "conservée" pour être mangé, elle l’est dans un but d’utilisation, donc elle perd son caractère naturel. Or il apparait que cela n’a commencé à préoccuper l’Homme qu’à partir du moment ou cela ne touchait pas seulement le règne animal proche de lui, mais tout un équilibre paysager.

[...]

La Libération Animale totale n’amènerait donc pas la fin de la civilisation, mais l’obligation pour l’Homme de se repenser au sein de la Nature comme un créateur non exploitant. Il faudrait pour cela qu’il cesse de réagir en fonction de ses peur et se serve de son gros cortex pour ne plus nier la souffrance de l’Autre, quel qu’il soit. Il devrait également ne plus être interventionniste, même si par ce fait des espèces n’existant actuellement que par la volonté de l’Homme tendraient à disparaître.




Intéressante aussi, l'histoire du panoramique, agréable à regarder...

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MessageSujet: Re: Petite réflexion sur Nature et culture   Lun 10 Mar 2008 - 21:25

Merci c'est de moi

:vivemoi:
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MessageSujet: Re: Petite réflexion sur Nature et culture   Lun 10 Mar 2008 - 21:27

C'est pour ça qu'il manque des espaces après les virgules et des e après des féminins...

Rhoooo allez, je suis une chieuse
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MessageSujet: Re: Petite réflexion sur Nature et culture   Lun 10 Mar 2008 - 21:28

Désolé pour l'orthographe

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MessageSujet: Re: Petite réflexion sur Nature et culture   Lun 10 Mar 2008 - 21:32

Rhooo mais ça va ! Franchement c'est carrément lisible, ya trêt peut de phote !
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